
Ce samedi 29 mars, près de 80 000 manifestants ont défilé dans toutes les villes de France pour défendre un droit à la retraite après 40 annuités de cotisation. Le MJS francilien était évidemment présent avec un point fixe le long du parcours de la manifestation parisienne Nation-Bastille. Passée inarperçue dans les médias, cette manifestation n'est pourtant pas anodine, et est même capitale pour les années à venir. Toutes les générations se sont rassemblées en son sein, il s'agit de faire un véritable choix de société, le choix de la solidarité sur l'individualisme, le choix de la gauche sur la droite.
Enhardi par des syndicats décrédibilisés par les médias et par un mouvement social dit fatigué de mener des luttes sur tous les fronts, la droite (le gouvernement et le MEDEF) et sa pensée libérale tapent encore sur les travailleurs. Après le CNE, le CDD sénior, la fin des régimes spéciaux, le contrat de travail unique à période d'essai à géométrie variable, les retraites sont à nouveau la cible des conservateurs. En effet, alors que la productivité par travailleur a largement augmenté ces dernières années et que le papy-boom est une anomalie démographique qui n'a pas vocation à durer, on nous explique que les caisses sont vides et qu'il va falloir travailler plus et plus longtemps pour gagner autant. Au lieu d'investir sur l'éducation, un diplomé de 5 ans d'études après le bac gagne plus et donc cotise plus pour les retraites qu'une personne sans qualifications, le gouvernement distribue des cadeaux fiscaux (salariés au SMIC, heures supplémentaires) aux grandes entreprises en « oubliant » de compenser cette perte pour la solidarité nationale (une trentaine de milliards de manque à gagner pour la sécurité sociale : santé, retraites,...). De même, le capitalisme boursier soutenu par le gouvernement encourage l'émergeance d'actionnaires et de fonds de pensions (ironie du sort, notre travail paie les retraites des salariés américains privés de solidarité nationale) qui demandent de plus en plus de rentabilité aux entreprises pour les capitaux investis, ce qui réduit la part des salaires (nets et cotisations sociales) pour augmenter celle des profits : plus d'argent pour les financiers et moins pour les travailleurs. Et le gouvernement continue de casser la solidarité en créant des plans d'épargne de retraite avec l'aide des banques, toutes heureuses de pouvoir capter une partie de l'argent des retraites, pour privatiser petit à petit le système.
La question de la répartition des richesses est fondamentale : dans quelle société voulons-nous vivre ? Dans celle de la solidarité ou dans celle du creusement des inégalités avec toujours plus de riches d'un côté et toujours plus de pauvres de l'autre ? 41 annuités de cotisations n'est donc pas le choix du « bon sens » mais un choix dogmatique des libéraux pour amasser toujours plus d'argent pour les capitalistes en faisant supporter encore plus aux travailleurs le coût de l'éducation, de la santé et des retraite. Les acquis sociaux de 1945 disparaissent peu à peu sous les coups de boutoir de la droite, alors pour nous faire entendre : tous dans la rue à la prochaine manifestation !
jeudi 3 avril 2008
Retraites : Vivre plus pour travailler plus !
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