
Le Président Sarkozy et les membres du gouvernement Fillon sont plus prompts à tenir certaines promesses plutôt que d'autres. Alors non, le pouvoir d'achat des français n'augmente pas, mais heureusement les plus fortunés ont bien reçu leur paquet fiscal et le nombre de fonctionnaires est largement réduit par mesure d'économie, sans se soucier de la qualité de service. Continuant sur la lancée des gouvernements précédents (-50 000 postes d'enseignants en depuis 2002), la droite tape encore et toujours sur l'éducation et supprime plus de 11 000 postes pour la rentrée 2008. La politique de ressources humaines de l'Education Nationale ressemble alors à un grand bricolage : le remplacement de professeurs titulaires se fait progressivement par des vacataires, des retraités rappelés en urgence et par des heures supplémentaires imposées aux professeurs en place (3500 suppressions de postes cette année uniquement « compensées » par les heures supplémentaires).
Au menu pour la rentrée dans de nombreux lycées franciliens : des classes surchargées (jusqu'à 40 élèves par classe), des langues vivantes délaissées (les cours en module et en laboratoire nécessaires à une bonne pratique sont réduits au minimum), options et matières supprimées (options arts plastiques, théâtre et audiovisuel largement supprimées, privant ainsi les élèves d’un accès à la culture indispensable),... sans compter le projet des professeurs bivalents, qui devaient enseigner deux matières, proposé l'année dernière et qui pourrait réapparaître. Le seul bien vraiment commun à tous les enfants de France est l'école, et si l'éducation qui y est reçue s'amoindrit alors les classes populaires vont être les premières touchées, car incapables d'avoir accès à d'autres enseignements. Un lycée du « strict nécessaire » n'est pas juste car, là où les plus riches pourront payer des cours de langues, emmener leurs enfants au théâtre ou encore accéder à l'enseignement privé, les classes populaires seront maintenues à leur niveau de culture originel sans pouvoir espérer bénéficier d'une quelconque ascension sociale. Il faut refuser cette éducation à deux vitesses que le gouvernement nous impose.
« Culture et savoir diminuent en tout homme qui les possède la possibilité d'être dupe des mots, d'être crédule au mensonge. Culture et savoir augmentent en tout homme le pouvoir de comprendre la réalité où il vit. [...] La conscience de cette réalité a une valeur explosive: elle ne peut entraîner que la volonté de la transformer. [...] La bourgeoisie doit donc abaisser la culture, la conscience des gens qu'elle domine. »
Paul Nizan (1905-1940), agrégé de philosophie, écrivain et essayiste français
Continuons le tour d'horizon de la rentrée prochaine avec une fausse bonne idée : la fusion BEP et Bac Pro en trois ans (au lieu de quatre aujourd'hui). Un « simplification » qui comprend implicitement une suppression des passerelles entre enseignement professionnel et général en réduisant les matières essentielles (français, mathématiques, histoire-géographie, éducation civique), cette réduction des exigences en terme de savoir ne permettra plus aux élèves de réussir dans les premières d'adaptation et formera également des travailleurs bien moins qualifiés. M. le Ministre n'a pas compris que l'on risquait d'apprendre beaucoup moins de choses en trois ans plutôt qu'en quatre ? Ne laissons pas devenir la voie professionnelle une filière « poubelle » où le patronat viendra chercher de la main-d’œuvre mal formée à bas prix.
En tant que jeunes socialistes nous ne pouvons pas rester les bras croisés, le MJS francilien et ses militants se sont largement investit dans la contestation lancée il y a quelques semaines, conformément à nos convictions d'être au plus proche du mouvement social. Distribution de tracts, collage d'affiche, signatures de pétitions, manifestations, grèves pour les salariés de l'Education Nationale, sans relâche nous avons diffusé notre analyse de cette politique régressive au plus de monde possible. Au sein des lycéens, des équipes enseignantes, avec les syndicats d'enseignants, les fédérations de parents d'élèves, nous avons apporté notre aide à de nombreux établissements mobilisés. Cette mobilisation a aujourd'hui porté ses fruits, de nombreux lycées sont bloqués, des collèges occupés par les parents et les professeurs, les manifestations réunissent plusieurs milliers de personnes (à Paris jeudi 27 mars, à Versailles vendredi 28 mars),... Au lendemain d'une très nette défaite électorale pour l'UMP, sa politique municipale et sa gestion des départements, le gouvernement ne pourra pas rester sourd très longtemps aux revendications du mouvement social.
Prochaine manifestation : rendez-vous le mercredi 2 avril à 15h00 devant le rectorat de Versailles.
jeudi 3 avril 2008
Mobilisation des lycées : la droite casse l'Education Nationale!
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