A 6 mois des élections régionales, la question de la métropole parisienne apparaît aujourd 'hui comme un enjeu et un point de clivage gauche-droite majeur de la campagne qui s'annonce. La création, le 10 Juin dernier, du Syndicat Mixte d'Etude (SEM) Paris Metropole, a donné corps à ce projet. Mais la question de son financement reste posée.
Alors que l'une des volontés de Paris Métropole est la solidarité financière entre les territoires, le gouvernement ne propose, à l'instar de la taxe Carbone, que des mesures injustes socialement, inefficaces économiquement, et contre-productives, écologiquement parlant.
En effet, comment peut-on affirmer vouloir lutter contre les émissions de gaz à effet de serre en augmentant le tarif des transports en commun ? Comment expliquer aujourd'hui que c'est une mesure redistributrice, quand les couches les plus aisées de la population francilienne ne participeront pas à cet effort financier ? Au contraire, les transports en Île-de-France doivent être un enjeu du projet Paris Métropole, et non un simple moyen de le financer. Mais d'autres mesures, toutes aussi iniques, sont proposées par la droite, par l'intermédiaire de Gilles Carrez, pour financer le « Grand Paris ». Il en va ainsi des péages sur les nouveaux axes autoroutiers. Mais comment être sûr que les fonds reviendront bien dans les caisses des collectivités, si le gouvernement fait comme partout ailleurs, en privatisant les autoroutes et, ainsi, perdre la main sur les profits engendrés ? La métropole parisienne mérite mieux que ça !
Outre la construction de nouveaux axes de transport, en affirmant la priorité donnée aux transports en commun, le SEM Paris Métropole est le lieu le plus adéquat pour repenser la ville à l 'aube du XXIème siècle. Demain, il ne sera plus question de faire 3 heures de transports, quels qu'ils soient, pour aller travailler ou chercher du travail. Le modèle mono-centré de la Métropole Parisienne doit être abandonné, au profit d'un aménagement multi-polaire, où chacun pourrait travailler, se loger, avoir ses loisirs, à un coût financier et écologique le plus bas possible. La construction de grands ensembles, qui allieraient logements sociaux et intermédiaires, bureaux et zones d'activités, serait alors un des moyens dont dispose le SEM pour remplir cet objectif, tout comme l'implantation des Universités. La création de métropoles multipolaires permettrait alors, de facto, une meilleure redistribution territoriale des richesses de notre région. En effet, la création de nouveaux pôles économiques redistribuerait le revenu des impôts sur les sociétés entre les différentes collectivité, voire serait versé directement au profit du SEM Paris-Métropole.
Mais, plus que le cache-sexe que sont des propositions de la droite comme l'éco-taxe Poids Lourds, qui ne sert que de caution écologique et dont on voit mal l'efficacité économique, ou la hausse des amendes de catégories I, seule une refonte de la fiscalité territoriale, et pas seulement en Île-de-France, permettra un financement socialement juste de la métropole Parisienne. Les impôts locaux (taxes d'habitation, taxes foncières, ...) peuvent être un véritable levier de financement, en augmentant l'assiette globale, mais également de justice sociale, en créant un véritable impôt local, qui fusionnerait tous ceux existants. Ce nouvel impôt devra être progressif, et ainsi garantir la justice sociale.
La droite avance sur son projet de Grand Paris, mono-centré, anti-écologique, injuste socialement et inégal géographiquement. Nous devons lui opposer une métropole parisienne multi-polaire, moins émettrice de CO2 et plus redistributrice socialement et territorialement. Nous aurons alors réussi ce grand pari de faire de la région capitale une métropole du XXIè siècle
mardi 1 septembre 2009
Transports/environnement : Faire le pari de la Métropole
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