Ce Samedi 14 juin de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme organisent une manifestation pour protester contre un projet de directive européenne dite « retour » visant la rétention et l’expulsion des étrangers en situation irrégulière traditionnellement qualifiés de « sans papiers ».
Alors que l’immigration vers les pays européens est loin d’être une nouveauté, elle semble être devenue un problème que l’Union européenne a décidé de régler par voie de directive afin, nous dit-on, d’harmoniser les différentes législations européennes. Mais il s’agit bien ici d’une véritable harmonisation par le bas visant à institutionnaliser un système répressif, stigmatisant toujours un peu plus les sans-papiers.
Initié par la Commission européenne en 2005, le projet a fait l’objet, le 5 juin dernier, d’un compromis entre les vingt sept ministres de l’intérieur et de l’immigration. Bien plus restrictif que le texte initial, il prévoit désormais un allongement de la durée de rétention des étrangers de six à dix-huit mois en cas d'absence de coopération de la part de l'intéressé ou de retard dans la transmission des documents nécessaires à son expulsion, applicable aux adultes comme aux mineurs. Plus encore c’est la double peine que subiront ces étrangers puisque les décisions d’expulsion seront automatiquement assorties d’une interdiction de réadmission pour une durée de cinq ans.
Si chaque Etat peut définir sa politique migratoire, qu’en est-il du respect du droit de circuler librement et de choisir sa résidence, garantie par la Déclaration Universelle des droits de l’Homme ? Nous ne pouvons que nous indigner de ce texte honteux et irrespectueux à l’égard d’étrangers qui, quoi que l’on dise, participent au dynamisme économique et démographique de l’Europe.
Ce compromis des ministres des Etats membres ne clos pour autant pas le débat. En effet, et pour la première fois en matière d’immigration, ce texte fait l’objet d’une procédure de co-décision soumettant son adoption à l’accord du Parlement européen.
Alors que ce dernier sera sollicité mercredi 18 juin pour discuter du texte, la manifestation de Samedi est l’occasion de réaffirmer notre opposition à cette « directive de la honte ». Face à cette opportunité donnée aux Etats européens de durcir leur législation, nous devons réaffirmer la nécessité d’élaborer un projet ambitieux et courageux d’accueil des étrangers. Il faut cesser l’amalgame entre immigration, clandestinité et délinquance. L’immigration doit être considérée comme une richesse par les pays européens qui feraient mieux de permettre l’intégration des étrangers plutôt que de toujours envisager le tout répressif !
Sarah, déléguée CCR (75)
vendredi 13 juin 2008
Protestation contre la directive « retour », directive de la honte !
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