
Si le 21 avril 2002 a un mérite c’est qu’il a reposé la question de la refonte de la démocratie et des institutions au sein de la famille socialiste, qui se pensait confortablement installée au sein des mécanismes de la Vème République.
Or, que constate t-on ? Notre démocratie est asphyxiée et le délabrement de celle-ci amène les citoyens, frustrés de ne pas pouvoir participer au débat collectif, à se réfugier dans l’abstention ou le vote protestataire, voire démagogique.
Née à la suite d’un coup de force de l’armée en Algérie, la Vème République concentre tous les archaïsmes du bonapartisme. Le pouvoir détenu dans les mains d’un seul apparaît comme autoritaire et impuissant parce qu’il est en décalage face aux aspirations des français.
Le pouvoir sarkozyste en place depuis un an est une caricature de tous les défauts de la machine à trahir qu’est la Vème République. Se rendant compte que ce système politique est totalement discrédité, il a fait appel à son ancien mentor Édouard Balladur pour adapter la constitution au sarkozysme. Le texte issu de la réflexion d’experts ne change rien à la nature des institutions actuelles. Il renforce même le pouvoir présidentiel. il pourra notamment s’exprimer devant le parlement. Aucune réforme du Sénat n’est prévue, les parlementaires ne disposent toujours pas de vrais pouvoirs. Le chef du gouvernement peut à tout moment utiliser l’article 49 alinéa 3 pour faire passer un texte sans débattre. Rien n’est fait pour transformer ce pouvoir autoritaire en République moderne, régime où le Premier Ministre, détenteur du pouvoir exécutif, rend compte de ces actes devant les représentants du peuple.
lundi 26 mai 2008
la République moderne face à la machine à trahir
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