
RUE SANTA FE
Ledocumentaire Rue Santa Fe (2h40) de Carmen Castillo a fait parti de la sélectionofficielle pour la Caméra d'Or dans la section Un CertainRegard, au Festival international de Cannes en 2007.
Ce filmretrace une partie de l'histoire chilienne à travers le MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire) etnotamment à travers ce qu'ont vécu ses membres, du coup d'état de Pinochet en1974 jusqu'à maintenant.De fait,Miguel Enriquez, à la tête du MIR, avec environ 500 armes et 10.000 militants,dirigea une résistance embryonnaire au gouvernement Pinochet qui au final,entraîna l'assassinat ou la disparition de 450 miristes, et la prison ou l'exilpour 4000 autres.
Santiago au Chili, le 5 octobre 1974. Lesforces armées donnent l'assaut à la maison de la rue Santa Fe, « calleSanta Fe », qui abrite Carmen Castillo et son compagnon Miguel Enriquez. Cedernier est tué les armes à la main. Carmen Castillo, blessée, est évacuée àl'hôpital et perd l'enfant qu'elle attendait. Elle sera expulsée de son paysaprès une campagne de solidarité internationale. Elle s'exile en France,devenant, avec les années, la veuve révolutionnaire par excellence. Uneréférence. Une icône.
Plus de trente ans ont passé et toujours ce même questionnement qui la hante.Sont-ils morts pour rien ? Tout cela en valait-il la peine ?
Au fil des rencontres et des interviews,Carmen Castillo renoue les fils du combat politique qui fut le sien et celui deces camarades. Elle rencontre ceux qui ont eu le courage de rester pour lutterde l'intérieur avec la peur au ventre à chaque seconde d'ètre pris puis torturéet tué, celles qui comme elle, ont abandonné leurs enfants à Cuba au nom de leur idéalisme.
A Cannes,une ovation avait suivi la projection. A Santiago, où a été présenté le film aumois d'octobre, le silence a duré longtemps.
Après avoirvu ce film, comment ne pas se demander, en tant que militant MJS, quel seraitnotre comportement dans une situation de résistance comme celle-ci?Préférerions-nous accepter ou bien est-ce que l'on entrerait dans laclandestinité ? Prendrions-nous les armes ? Serions-nous près à mourirpour nos idées, nos camarades ? Questions qui ont, je pense, déjà traversé l'esprit d'unemajorité d'entre nous.
Juliette Duret
dimanche 27 avril 2008
RUE SANTA FE
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